Analyse de Le Meilleur des mondes

Il est des romans qui sonnent comme étant prophétique. Il est des romans qui avant de sonner comme une intrigue entre deux ou plusieurs personnages sont avant tout une réflexion sur leur époque, sur ce que celle-ci peut engendrer. C’est le cas de 1984 de Georges Orwell, Fahrenheit 451 mais aussi bien sûr du Meilleur des mondes d’Aldous Huxley.

 

Le roman d’Aldous Huxley, pour en saisir l’intérêt, est à replacer dans son époque. Celui-ci a été écrit en 1931, publié en Europe l’année suivante. C’est une période où l’eugénisme étant une science que l’on prenait en considération. L’eugénisme est une science, restée très théorique, qui cherche à contrôler les populations humaines en faisant un tri génétique des caractéristiques humaines. On pourrait traduire cela par une l’envie d’une société constituée que de personnes grandes ou, pour rester dans l’ambiance de l’époque, blonde aux yeux bleus. A cet intérêt scientifique s’ajouter une écriture qui se fait moins d’une quinzaine d’années après la fin de la première guerre mondiale et dans une période historique plutôt tendue. Ce contexte historique explique la volonté du romancier de dépeindre une société parfaite où le contrôle de toutes les couches de la population, de ses sentiments et de ses envies se fait grâce à une drogue de synthèse, le Soma. Une société où la guerre et les notions de race n’existeraient donc plus.

 

Le roman d’Aldoux Huxley se base sur les idées des utopistes du XIX° siècle qui voulaient créer une société parfaite pour écrire lui même non une utopie mais une dystopie. La dystopie se définit comme l’exact contraire de l’utopie puisque la société fictive dépeinte ne tend pas vers la réussite et la plénitude mais bien vers l’adversité. Cette notion de dystopie est caractérisée par le personnage principal, celui de Bernard Marx. Il est conçu en éprouvette pour répondre à des besoins spécifiques, il est censé être de ceux que l’on appelle les Alpha plus. Toutefois, il souffre en réalité d’inadaptation sociale,de goûts très différents de ceux de sa caste. Il est présenté comme une erreur de fabrication et les tentatives pour le remettre dans le droit chemin ne mènent à rien. C’est seulement la période où il connaît pour quelque temps la célébrité qu’il va adopter le comportement que l’on attend de lui. Ce n’est donc pas le personnage qui est déviant mais la société qui ne sait pas s’adapter à lui. L’auteur met ainsi en avant l’échec de l’utopie qui ne peut pas fonctionner avec tous. C’est la même idée qui est reprise avec la mention faite des sauvages qui sont parqués dans des zones électrifiées. La société va même plus loin dans ce cas là en ne cherchant même pas à les intégrer. Elle en fait des parias dont l’existence est occultée.

 

Il est intéressant de lire le Meilleur des mondes en s’arrêtant aux analogies que l’auteur fait avec le monde de son époque. Au delà d’un monde programmé, sous antidépresseur à très grande échelle, le Soma, le rapport de l’auteur à son époque donne à la lecture d’aujourd’hui une vision intéressante. Par exemple, toute notion de déité, de Dieu, est ramené au nom de Ford. Henry Ford est certes le constructeur de la première voiture assemblée sur une chaîne mécanique semblable aux chaînes de production actuelles mais il est surtout celui qui a inventé le travail à la chaîne. Un découpage des actions poussé à l’extrême qui représente bien le découpage en caste de la société décrite dans le roman où chacun naît pour vivre dans un seule et même milieu social. Ford est aussi connu pour avoir mis en place une politique de rémunération attractive estimant que la consommation est la solution pour obtenir la paix à un niveau global, mondialisé. Une utopie qu’en un sens visait Ford et qui se dessine dans un roman qui se passe en l’an 632 de l’ère Ford. Des références culturelles et historiques, encore actuelles aujourd’hui, sont disséminées dans de nombreux noms de personnages principaux ou secondaires de ce roman. Le meilleur des mondes, qui est tout sauf ce que le titre laisse entendre, se présente comme une vision pessimiste de la société de consommation. 80 ans après son écriture, le roman reste étonnement d’actualité.

Recherches qui ont permis de trouver cet article :

  • le meilleur des mondes analyse
  • le meilleur des mondes aldous huxley analyse
  • analyse le meilleur des mondes
  • le meilleur des mondes
  • LE MEILLEUR DES MONDE ANALYSE
  • aldous huxley le meilleur des mondes analyse
  • le meilleur des mondes aldous huxley étude
  • le meilleur des mondes huxley analyse